bug humain sébastien bohler

Et si le bug humain nous poussait au suicide collectif ?

Pourquoi l’humain bug et d’où cela vient-il ?

Après le fameux bug de l’an 2000, nous voici confrontés au bug des 7 milliards (d’humains sur terre). L’expression est Sébastien Bohler, Docteur en neurologie moléculaire et rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho. Il y consacre un livre Le Bug humain que je vais explorer avec vous dans cet article. Cela me semble fondamental que toute notre société se rende compte de la problématique à laquelle elle fait face. Cet ennemi qui nous fait détruire notre planète est le pire que nous ayons affronté jusqu’ici. Pourquoi ? Parce qu’il se cache au tréfond de notre corps, dans une partie bien enfouie de notre cerveau. Avant de découvrir le coupable un peu de préhistoire : durant des millénaires, lorsque nos ancêtres ont développé leurs capacités à survivre, cinq objectifs se sont dégagés. Ils ont a permis à ceux qui les poursuivait plus intensément que les autres de survivre et donc de renforcer ces tendances au fil des générations. Quels sont-ils :
– Manger
– Se reproduire
– Acquérir le pouvoir
– Limiter les efforts
– Accéder aux informations
Lorsque l’un de ces objectifs est acquis, notre circuit du plaisir (particulièrement le striatum) nous envoie un signal plus fort que tout qui nous dit « c’est exceptionnel cette sensation, j’en veux encore … plus ». Là se situe le problème. Ce réseau n’a pas de mécanisme d’arrêt, nous allons être comme des addicts en recherche perpétuelle de ce signal qui s’affaiblit et nous pousse à augmenter la dose.

Le plaisir et la récompense comme clé de voûte de notre propre destruction ?

Vous l’aurez compris, les drogués que nous sommes vont chercher par n’importe quel moyen à provoquer une activation de ce circuit. Le problème c’est que ce comportement va être néfaste s’il n’est pas contrebalancé. Par exemple, cette tendance à l’obésité qu’il y a dans les sociétés industrialisées. Elle va être liée à ce que notre cerveau a appris durant les générations où la disette régnait : « Mange tout ce que tu peux, tant que tu le peux ». Autre exemple, un dicton populaire dit que « les hommes sont tous des obsédés ». Il s’avère que d’un point de vue de l’évolution, ce sont les hommes avec une sexualité plus exacerbée qui ont pu transmettre davantage leurs gênes … et leur striatum hypersexué ! Cela explique, entre autres, les bénéfices gargantuesques de l’industrie pornographique. Enfin, dernier exemple, la soif de pouvoir des Hommes politiques, si souvent décriée. Qu’est-ce qui la rend si tenace ? Tout simplement, le fait que les positions de pouvoir permettent à ceux qui les possèdent d’accéder aux quatre autres éléments qui vont naturellement envoyer de très nombreux signaux de plaisir. Comme tous les accros, ils ne sont pas prêts à lâcher le morceau et voir la puissance du shoot baisser.

Dans ce monde, seule une opposition nous empêchait de tout détruire : limiter les efforts. En effet, pour obtenir le pouvoir, manger ou accéder aux informations, nous devions, jusqu’à l’après-guerre, fournir une grande quantité d’efforts. Ceux-ci ont maintenant disparu avec l’air d’Internet où nous pouvons commander à volonté, des réseaux sociaux où nous pouvons chercher à nous reproduire, à montrer notre statut social ou à accéder aux informations même si ce sont des « fakes ». Rien ne peut plus (ou presque) nous arrêter dans notre course à la consommation, au pouvoir, aux sexualités multiples et aux informations de toutes sortes.

Quelles solutions pour nous éviter ce grand désastre écologique collectif ?

Sébastien Bohler a bien résumé la situation actuelle avec une métaphore aéronautique : […] nous sommes comme les pilotes d’un avion dont les témoins lumineux hurlent à tue-tête pour signaler un crash imminent, et qui lanceraient : « Il nous reste deux minutes, on a encore le temps de se préparer un bon café ». Pour pouvoir éviter cette catastrophe annoncée, que faire ? Tous au régime et à l’abstinence sexuelle ? Le communisme pour éviter l’attrait du pouvoir ? Le sport obligatoire et les informations contrôlées ? Evidemment non, pour l’auteur, nous avons une solution qui va être de développer l’opposant naturel de notre striatum, j’ai nommé les cortex préfrontaux. Si nous les stimulons régulièrement, ils nous permettent de combattre notre tendance au plaisir immédiat, notre dévalorisation du futur (le plaisir immédiat est plus puissant que le plaisir différé) et nous donnerons les moyens de guider nos actes, de développer une volonté puissante de réalisation. Pour cela, une technique existe déjà, c’est d’ailleurs la solution principale évoquée par l’essayiste : la (méditation de) pleine conscience. Elle permet de ralentir le rythme pour éviter le « tout, tout de suite », apprécier les instants vécus plutôt que les consommer, développer des capacités attentionnelles et de contrôle de Soi importantes pour lutter contre les tentations de la société, (je parlerai de la méditation de pleine conscience dans un prochain article pour plus de détails). … Cette pleine conscience doit être développée au niveau mondial, par la curiosité, la stimulation par la connaissance du cerveau, de soi et des êtres humains Cette solution est intéressante, je pratique cette méthode au quotidien, mais c’est aussi la limite que j’ai perçu dans ce livre. Le constat est net, complet et attractif. Mon striatum a été allumé par le désir de savoir comment lutter contre tout cela et il a été déçu lorsque le résultat a été proposé. Les ébauches de solutions que proposent ce livre sont, à mon sens, trop limitées pour faire face aux difficultés et aux résistances. J’aurai apprécié que la partie proposition soit aussi étoffée que la partie constat avec une réponse spécifique pour chacun des 5 éléments. Cela dit, je conseille cette lecture à tous pour prendre conscience de son fonctionnement et arrêter d’en être l’esclave.

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A bientôt pour un nouvel article, bien cordialement.

Julien VION.

Bohler, Sébastien (2019). Le bug humain. Robert Laffont.

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