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Que veulent dire générosité et la gratitude dans notre monde individualiste ?

En cette semaine de Noël, je m’interrogeais sur le sens de cette tradition. De nos jours, faire des cadeaux peut vite se transformer en pression, en obligation, en corvée même lorsqu’il s’agit de faire les magasins bondés autour du 24 décembre. De même, recevoir des cadeaux peut être vécu négativement lorsqu’il s’agit du pull en laine (pas du tout à votre goût) que la grand-mère tricote tous les ans ou la nième boite de chocolat à la liqueur qu’on ne supporte pas. Néanmoins, ces deux interactions sont essentielles pour notre vie sociale et ont en plus une valeur intrinsèque. Avant de développer l’utilité de ces pratiques, laissez-moi reprendre ce qu’elles sont à la base. La gratitude, pour le Dr Rébecca Shankland est « une émotion interpersonnelle éprouvée […] par une personne qui se perçoit comme bénéficiaire d’un bienfait procuré intentionnellement par autrui (une aide, un don, …) ou d’un bienfait généré par l’existence (une rencontre, une découverte, un paysage, …) » (P 123). L’altruisme peut prendre plusieurs formes, donner du temps, de l’argent, des objets ou tout simplement une oreille attentive. Il s’agit donc d’un acte consciemment désintéressé qui apporte une aide à autrui. Ces deux éléments vont intégrer la grande famille des comportements prosociaux. Ces comportements sont ceux qui sont tournés vers l’autre (partage, aide, réconfort, protection, générosité, empathie, …).

Comportements prosociaux et émotions positives

Commençons par la gratitude, pourquoi arborer ce comportement ? Premier élément de réponse, elle permet d’avoir une représentation positive de l’environnement social et matériel ainsi que de repérer plus facilement les évènements positifs qui nous entourent. En somme, un contre-circuit naturel à notre tendance à voir et à retenir les éléments négatifs de notre entourage. De plus, la gratitude va contribuer au bien-être psychologique de la personne en limitant le risque de stress et de dépression. Le bien-être physique n’est pas en reste avec une diminution de la présence de symptômes type mal de ventre ou de tête.

L’altruisme lui est utile et efficace dès l’adolescence. Il permet de réduire le risque de dépression, de suicide et d’avoir un impact positif sur le mental et le physique des personnes sur le long terme.

A l’autre extrémité de notre spectre de vie se situe les personnes âgées. Pour elles aussi, l’altruisme est bénéfique avec une meilleure satisfaction de la vie, un désir de vivre plus élevé, une diminution des troubles anxieux et dépressifs ainsi qu’un taux de mortalité plus faible chez les bénévoles, par exemple. Par ces comportements prosociaux, nous renforçons notre résilience par un soutien social plus efficace Grâce à cette sociabilité, les personnes auront un soutien plus important en cas de difficultés.

Remercier et donner pour booster son entreprise ?

Pour être motivé, nous avons besoin d’éléments concrets dans le monde du travail. Je l’avais évoqué dans cet article sur le neuromanagement. L’un de ces besoins est l’appartenance sociale. Plus nous nous sentons intégré, plus nous ressentons une confiance, une proximité et une solidarité avec les collègues, plus nous aurons envie de travailler (avec eux). Il va donc être important de développer dans une entreprise une culture « décentrée », pour reprendre un concept de Dambrun et Ricard (2011). Autre élément important dans la création et le maintien de cette culture de l’échange et du partage ce sont les émotions positives que cela provoque. Les émotions positives, lorsqu’elles sont fréquentes et partagées, vont améliorer la santé physique, diminuer le risque de maladies, accélérer le rétablissement. Vous pouvez déduire de cela les conséquences sur les taux de turn-over et d’absentéisme. Voyons ensemble quelques conseils simples à appliquer en entreprise pour atteindre cet objectif :

  • Faire naître et cultiver une relation de confiance entre les collaborateurs
  • Mettre en place des habitudes d’entraide et de travaux en groupes
  • Explorer et développer les capacités de gratitude par des jeux de rôle et un soutien au quotidien
  • Proposer des missions communes avec un sens profond (environnement, développement personnel, soutien aux plus démunis, …)

Le bien-être peut être boosté de multiples façons. La psychologie positive nous permet d’envisager les émotions et les comportements comme des moyens pour l’atteindre. Il ne reste plus qu’à s’en emparer.

A bientôt pour un nouvel article, bien cordialement,

Julien VION.

Dambrun, M. et Ricard, M. (2011). Self-centeredness and selflessness : a theory of self-baseed psychological functionning and its consequences for happiness?  Review of general psychology, 15,  138-157.

Shankland, R. (2014). La psychologie positive. Dunod.

 

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